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« J’aimerais bien trier… mais c’est la faute de mes proches qui accumulent tout et qui ne rangent rien ! » Cette phrase, je l’entends ou je la lis très régulièrement dès que je parle de désencombrement.
La fameuse phrase magique qui transforme instantanément votre maison en scène de crime.
Le coupable ? Votre conjoint. Vos enfants. Votre mère. Votre belle-mère. Ou même votre voisin qui vous a donné un grille-pain en 2007. Bref… tout le monde sauf vous !
Alors, soyons honnêtes : nos proches peuvent réellement compliquer une démarche de désencombrement, surtout lorsqu’ils n’ont pas du tout la même vision que nous.
Nous avons tous un seuil de tolérance différent face au désordre. Certaines personnes peuvent vivre parfaitement bien avec une table couverte d’affaires, tandis que d’autres commencent à se sentir oppressées dès que trois objets ne sont pas à leur place.
Et lorsque plusieurs personnes vivent sous le même toit, il est assez rare que tout le monde ait exactement le même niveau d’exigence.
Alors comment faire lorsque vous avez envie de trier, de simplifier et de retrouver de l’espace, mais que les autres habitants de la maison n’ont absolument pas signé pour le même programme ?
Je ne vais évidemment pas vous conseiller de jeter toute votre famille aux encombrants. D’abord parce que je crois que c’est interdit. Et surtout parce que, dans la vie, nous vivons avec des gens.
L’objectif est donc de trouver comment retrouver un peu de paix et un peu d’espace, même en groupe.
1) Pourquoi nos proches compliquent-ils autant le désencombrement ?
Avant de chercher des solutions, il faut comprendre ce qui se joue.
Lorsque vous commencez à désencombrer, vous ne vous débarrassez pas uniquement d’objets. Vous touchez parfois aux habitudes, aux souvenirs, aux émotions, aux besoins et même à l’identité des personnes avec lesquelles vous vivez.
Et c’est là que les choses peuvent devenir beaucoup plus compliquées qu’un simple tri entre « je garde » et « je donne ».
Voici trois situations particulièrement fréquentes :
1. Le conjoint qui garde tout
C’est un grand classique. Vous arrivez dans le salon. Vous regardez une pile de magazines. Et vous dites : « On pourrait peut-être trier cette pile de magazines de 2012 ? »
Et votre conjoint vous répond : « Non, attends ! Il y a sûrement un article intéressant. Je n’ai pas fini de le lire ! »
Alors déjà… si cet article était vraiment intéressant, il serait probablement encore dans votre mémoire. Et pas sous 47 centimètres de poussière.
Mais attention : votre conjoint n’est pas forcément attaché à l’objet lui-même.
Il peut être attaché à ce que l’objet représente.
Le magazine n’est peut-être pas simplement un magazine. Il peut représenter une période de sa vie, un voyage, une passion qu’il souhaitait approfondir, une ancienne version de lui-même ou même une version de lui-même qu’il aimerait secrètement devenir.
Et lorsque vous arrivez avec votre sac-poubelle en annonçant : « Allez, on vire tout ça ! » Vous ne faites pas nécessairement disparaître uniquement un objet. Dans la tête de l’autre, vous pouvez être en train de jeter une partie de son histoire.
Alors, ne commencez pas par attaquer mais par poser des questions.
Plutôt que de dire : « Tu ne t’en sers jamais ! » Essayez de poser des questions qui permettent à l’autre de réfléchir à son propre objet.
Vous pouvez demander :
- « Tu penses le lire quand ? »
- « Pourquoi tu ne l’as pas fait jusqu’à présent ? »
- « Est-ce que cet article t’intéresse encore aujourd’hui ? »
- « Est-ce que les informations sont toujours d’actualité ? »
L’objectif n’est pas de lui faire reconnaître que vous aviez raison. L’objectif est de l’aider à prendre sa propre décision.
Une question que j’aime particulièrement est : « Si tu ne l’avais plus, est-ce que tu l’achèterais aujourd’hui ? »
Cette question permet de faire une distinction importante. Il y a une grande différence entre : « Est-ce que je pourrais éventuellement en avoir besoin ? » et « Si je ne l’avais pas, est-ce que je choisirais de le faire entrer chez moi aujourd’hui ? »
Et parfois, cette nuance suffit à changer complètement la manière dont on regarde un objet.
👉️ A lire aussi : 8 questions à vous poser pour faire du tri dans vos affaires (et votre vie)
2. Les enfants qui mettent le bazar
Les enfants sont absolument adorables. Et ils possèdent également un talent assez extraordinaire : transformer une pièce rangée en champ de bataille avec trois Lego et un carton vide.
Vous rangez. Dix minutes plus tard, on dirait que le placard a éternué !!
Mais parfois, l’enfant cherchait simplement son doudou. Ou bien il a décidé que le meilleur endroit pour construire sa cabane était précisément celui que vous veniez de ranger.
Une maison est faite pour vivre. Les enfants ont besoin de jouer, de construire, de créer et d’expérimenter.
Le problème n’est donc pas nécessairement uniquement la quantité de jouets. Il peut aussi venir de la quantité de jouets accessibles en même temps.
Si un enfant possède 200 jouets accessibles en permanence, il ne joue pas forcément davantage. Il est peut-être simplement en train de gérer un magasin de jouets sans salaire !
Essayez la rotation des jouets :
Une solution très simple consiste à mettre en place une rotation. Vous gardez une partie des jouets accessibles et vous rangez les autres, éventuellement en hauteur ou dans un endroit auquel l’enfant n’accède pas seul. Puis, régulièrement, vous faites tourner les jouets disponibles.
Cela présente deux avantages. D’abord, il y a moins de choses sorties en même temps. Ensuite, l’enfant redécouvre certains jouets qu’il avait oubliés.
Lorsque tout est accessible en permanence, un enfant peut avoir tendance à passer rapidement d’une activité à l’autre, sans forcément prendre le temps d’explorer réellement ce qu’il est en train de faire.
La rotation permet donc de recréer de la nouveauté sans acheter constamment de nouvelles choses.
Faites participer vos enfants au tri :
Si vous souhaitez désencombrer leurs affaires, évitez de commencer par : « Qu’est-ce que tu veux jeter ? »
Le mot « jeter » peut immédiatement transformer le tri en menace.
Préférez des questions comme :
- « Quels sont tes jouets préférés ? »
- « Est-ce qu’il y en a que tu voudrais donner ? »
- « Est-ce que tu as envie de garder celui-ci ? »
Faites-le ensemble et, si possible, rendez le moment agréable et amusant !
L’idée n’est pas que l’enfant associe le tri à une activité pénible imposée par les adultes, durant laquelle il doit se séparer de choses qu’il aime.
Il s’agit surtout de lui apprendre progressivement à réfléchir à ce qu’il possède. Et cette compétence est beaucoup plus précieuse à long terme qu’une chambre parfaitement rangée.
👉️ A lire aussi : Le désordre de nos enfants : comment leur enseigner l’art du rangement !
3. La famille qui offre ou qui donne trop de choses
Vous connaissez peut-être ce scénario : « Tiens, c’est pour toi, j’ai pensé à toi ! »
Et vous répondez poliment : « Oh… merci ! » Mais dans votre tête : NOOOON.
Vous avez peut-être déjà même essayé de dire : « Non merci, je n’en ai pas besoin. »
Et la personne a répondu : « Mais si garde-le ! Ça peut toujours servir ! »
Et vous voilà avec un objet que vous n’aimez pas, que vous n’utilisez pas, mais que vous gardez parce que vous aimez la personne qui vous l’a donné.
Notre cerveau fait alors quelque chose d’assez extraordinaire. Il transforme une tasse… en problème philosophique !
C’est comme cela que je me suis retrouvée avec des maillots de corps (les moins de trente ans ne connaissent probablement pas ce mot et c’est parfaitement normal) conservés depuis les années 1990. Ou encore avec des magazines sur le macramé datant de la même époque.
Du coup, Papa, maman, si vous passez par là : ces choses vont bientôt quitter ma maison ! Je vous aime toujours. Mais le macramé va devoir poursuivre sa route sans moi.
Par ailleurs, il existe un phénomène assez intéressant derrière certains dons.
Certaines personnes ont elles-mêmes beaucoup de mal à se séparer de leurs affaires. Alors elles les transmettent. Cela permet parfois de soulager leur conscience car elles se disent : « Au moins, cela servira encore à quelqu’un. »
Mais si personne n’en a réellement besoin, nous n’avons pas résolu le problème. Nous l’avons simplement déplacé.
Alors, si vous êtes la personne qui donne énormément, souvenez-vous donc d’une règle simple : On propose, mais l’autre dispose !
Faire de la place chez soi ne signifie pas que l’on doit remplir la maison de quelqu’un d’autre.
En plus, pour certaines personnes, offrir est réellement une manière d’exprimer leur affection.
Les personnes n’expriment pas toutes leur attachement de la même manière. Certaines privilégient les paroles, d’autres les services rendus, le temps passé ensemble, le contact physique ou les cadeaux.
Pour certaines personnes, offrir quelque chose signifie véritablement : « Je pense à toi. » « Je tiens à toi. » « Je t’aime. »
Il est donc important de comprendre que lorsque vous refusez un cadeau, l’autre peut parfois entendre quelque chose de très différent de ce que vous vouliez dire.
Vous pensez : « Je n’ai pas besoin de cet objet. »
L’autre peut ressentir : « Tu rejettes ce que je fais pour toi. » Cela peut être particulièrement douloureux.
La solution consiste donc à dissocier l’intention et l’objet.
Vous pouvez dire : « Merci, cela me touche beaucoup. Mais, en ce moment, je suis simplement dans une démarche où j’essaie de m’alléger et de faire entrer moins de choses chez moi. C’est important pour moi. Je préfère profiter d’un moment avec toi plutôt que d’accumuler des objets. »
Et si la personne souhaite vraiment vous offrir quelque chose, vous pouvez proposer une alternative : quelque chose de consommable, à manger, à boire ou à partager.
Un apéro, par exemple ! Parce que l’apéro est quand même une invention absolument géniale. C’est simple, convivial, agréable… et surtout, cela ne nécessite pas forcément d’ajouter un nouveau bibelot sur l’étagère.
Enfin… Sauf si votre enfant a décidé de conserver les boîtes de Pringles vides pour fabriquer des trousses parce qu’il a vu un tutoriel sur YouTube. Dans ce cas, laissez donc la créativité s’exprimer. La poubelle pourra attendre un peu.
2) Comment désencombrer quand les autres ne veulent pas trier ?
Après avoir identifié ces différentes situations, il reste une question essentielle : Que faire lorsque vous avez envie de désencombrer, mais que les autres habitants de la maison n’ont absolument pas envie de participer ?
La première règle risque de ne pas vous plaire…
1. Ne commencez pas par les affaires des autres
Première règle : On ne trie pas les affaires des autres !
Oui, même si vous avez très envie de prendre un énorme sac-poubelle et d’écrire dessus : « OBJETS SUSPECTS À ÉLIMINER »
J’ai essayé. Enfin… J’ai imaginé. Ma conscience m’a rattrapée.
Et surtout, si vous commencez à jeter les affaires des autres en cachette, vous allez créer quelque chose de beaucoup plus encombrant que les objets : les tensions.
Après cela, personne ne saura plus ce qui risque de disparaître. Tout le monde surveillera tout le monde. Et vous deviendrez automatiquement le suspect numéro un dès qu’un objet sera introuvable.
Donc non. Ne faites pas cela.
Commencez par votre propre espace. Vous n’avez pas besoin de l’autorisation des autres pour créer davantage de calme dans votre propre environnement.
2. Parlez de vos besoins, pas de leurs défauts
C’est une différence toute simple, mais elle peut complètement changer une conversation.
Au lieu de dire : « TU ne ranges jamais rien. »
Essayez : « Quand il y a beaucoup de choses autour de moi, je me sens stressée et oppressée. J’ai besoin de retrouver un peu d’espace. »
Au lieu de : « TU devrais faire du tri dans TES affaires ! »
Vous pouvez dire : « Toutes ces choses me fatiguent. Cela complique le rangement et le ménage, et j’aimerais qu’on trouve une solution pour passer davantage de temps ensemble plutôt que de passer du temps à gérer nos affaires. »
La différence entre ces 2 versions c’est que dans la deuxième vous n’utilisez pas le « TU » accusateur. Vous parlez de votre ressenti. De vos besoins. Et non des défauts supposés de l’autre.
C’est particulièrement important parce que, si vous braquez votre interlocuteur, il ne va plus réfléchir à son bazar. Il va réfléchir à la manière de se défendre.
Et c’est normal ! Personne n’aime entendre : « TU es officiellement un problème de rangement. »
Même si… le placard semble effectivement vouloir témoigner contre lui.
3. Créez des zones personnelles
Cette astuce peut réellement sauver l’ambiance ! Chacun peut avoir son espace : un tiroir, une étagère, un placard, ou même une pièce. Un endroit où chacun peut décider.
Parce que le minimalisme n’est pas une dictature !
Ce n’est pas : « Tout le monde doit posséder exactement 27 objets blancs et une plante verte. »
Et encore moins : « À partir de lundi, toute personne possédant plus de trois mugs sera expulsée. »
Vous pouvez garder ce que vous voulez. Mais cela reste dans votre espace. Et cette distinction est fondamentale.
La liberté de garder ne devrait pas devenir le droit d’envahir.
Lorsque l’on parle de désencombrement, on oppose parfois les personnes qui aiment l’ordre à celles qui aiment garder.
On présente souvent le rangement comme une simple préférence personnelle : « Moi, j’aime quand c’est rangé. » et « Moi, je m’en fiche. »
Comme s’il y avait d’un côté les gentils qui acceptent tout… et de l’autre les méchants dictateurs du rangement.
Mais posons-nous réellement la question : Qui est le dictateur ?
Celui qui demande que les espaces communs restent utilisables par tout le monde ?
Ou celui qui utilise les espaces communs pour stocker son surplus d’affaires personnelles ?
Imaginez que vous souhaitiez conserver votre vieux vélo d’appartement qui sert principalement de porte-manteau. Très bien.
Mais s’il se retrouve au milieu du salon, dans le couloir et devant la porte de la salle de bain, à un moment donné, le problème n’est plus uniquement : « Est-ce que vous avez le droit de garder vos affaires ? »
La question devient : « Est-ce que vos affaires empêchent les autres de vivre normalement ? »
Et là, la discussion change complètement.
Je vais vous donner un exemple très concret…
J’ai été chercheuse pendant plus de quinze ans, dans différents laboratoires du CNRS, de l’INSERM ou dans des universités. Dans cet environnement de travail, il était absolument hors de question de laisser n’importe quoi traîner dans les espaces communs !
Pas parce que nous étions tous devenus des maniaques du rangement. Mais parce que nous partagions des espaces, parfois avec des conditions de travail particulières, des produits potentiellement dangereux et surtout du matériel souvent très coûteux.
Lorsque l’on partage un espace et du matériel, il faut penser aux autres. Si quelqu’un laissait du bazar quelque part, la personne qui passait derrière pouvait très rapidement envoyer un mail à la population générale : « Quiiii a fait ça ?! »
Et, évidemment, les gens trouvaient cinq minutes pour aller vérifier : Qui avait utilisé l’espace ? Qui était inscrit sur le planning de réservation du microscope ?
Très rapidement, la personne était identifiée et fichée « bordélique irrespectueux » du rez-de-chaussée jusqu’au cinquième étage !
Je n’exagère qu’à peine.
Pourquoi ? Parce que ce n’était pas simplement une question de goût. Si vous laissiez votre bazar dans un espace commun, quelqu’un d’autre devait gérer derrière vous : déplacer, ranger, nettoyer…
C’est exactement la même logique à la maison.
Lorsque votre désordre reste uniquement dans votre espace personnel, vous êtes effectivement libre de choisir votre niveau de tolérance. Mais lorsque vos affaires débordent dans les espaces que vous partagez avec les autres, cela devient une question collective.
La liberté de garder ne devrait pas devenir le droit d’envahir. Et pour moi, ce n’est pas une question de goût. Ce n’est pas une dictature. C’est une question de respect.
4. Créez des règles simples
Plutôt que d’essayer de convaincre ou d’obliger les autres, commencez par définir ensemble quelques règles simples. Collectivement. Comme dans une vraie démocratie !
Mais pas quarante-deux règles compliquées. Sinon il va falloir créer un comité. Puis un règlement intérieur. Et bientôt, il faudra déposer une demande officielle pour déplacer une chaise.
Quelques règles suffisent par exemple :
Règle n° 1 : Un objet qui entre = un objet qui sort
Cette règle n’a pas besoin de s’appliquer à tout, tout le temps. Elle peut être particulièrement utile pour certaines catégories : les vêtements, les jouets, les livres, la vaisselle.
L’objectif est simplement d’éviter que les quantités augmentent indéfiniment.
Règle n°2 : Une zone sans accumulation
La table de la salle à manger reste une table. Le canapé reste un canapé. Le plan de travail reste un plan de travail.
Cela ne signifie pas que tout doit être parfaitement rangé en permanence. Cela signifie simplement que les espaces communs doivent pouvoir conserver leur fonction.
Règle n°3 : Des horaires de rangement
Chez moi, il y a également une autre chose que j’aime bien faire. Lorsque les enfants font une activité, je les laisse vivre et s’étaler. Ils construisent. Ils dessinent. Ils bricolent.
Cet été, par exemple, ils ont décidé de tamiser le sable de la plage et de récupérer les cailloux, les morceaux de verre polis et les coquillages pour fabriquer de jolis cadres.
Et lorsqu’un enfant a une idée, les autres suivent. Pour rappel, j’ai trois enfants ! Imaginez la quantité de sable que j’ai ramené dans mes valises !
Mais je dois vous avouer quelque chose : c’est agréable de les voir faire leurs activités ensemble dans le salon sans se chamailler. Et puis, une maison est faite pour vivre.
Mais… à un moment, on décide d’une heure où tout le monde doit ranger ses affaires et où la table redevient une table.
5. Montrez l’exemple
La meilleure manière d’inspirer les autres ? Commencer par soi !
Et lorsque vos proches voient que vous êtes plus sereine, que vous cherchez moins vos affaires, que votre vie est plus simple et plus fluide, ils peuvent finir par se dire : « Tiens… cette histoire de désencombrement n’est peut-être pas complètement folle. »
Et parfois, ils vont même commencer à faire des choses tout seuls.
Chez moi, j’ai eu un exemple assez drôle. Mes enfants ont commencé à faire leur valise… à la verticale.
Et je ne leur avais rien demandé. Je ne leur ai pas fait un exposé de trois heures sur l’optimisation de l’espace dans les bagages.
Ils m’ont simplement vue faire. Du coin de l’œil. Et ils ont essayé discrètement. Question d’ego… Ils ne vont certainement pas reconnaître que maman avait raison.
Mais peu importe. La graine est plantée. Et elle a germé.
C’est souvent comme cela que les gens changent. Ils changent lorsqu’ils voient un bénéfice pour eux-mêmes. Pas parce qu’on leur a fait la morale.
Heureusement… ou malheureusement… il faut être d’accord pour trier. C’est une condition essentielle !
Parce que sinon, on s’accroche à ses affaires comme une moule à son rocher. Même si le rocher est mal placé. Même s’il bloque toute la porte. Même s’il prend la moitié du salon. « C’est MON rocher ! »
Pourquoi cette résistance ? Parce que nous avons souvent peur ! Nous avons peur de manquer, de regretter, de perdre un souvenir, de gaspiller, de faire une erreur…
Et plus une personne se sent obligée de se débarrasser de quelque chose, plus elle risque de résister. C’est pour cela que je préfère aider les gens à se poser les bonnes questions plutôt que de leur dire quoi jeter.
Lorsque quelqu’un prend lui-même la décision, la décision lui appartient. Et elle est beaucoup plus facile à accepter.
C’est justement ce que j’enseigne dans ma formation pour désencombrer : on ne parle pas uniquement des objets. On s’intéresse surtout à votre relation aux objets et aux blocages qui vous empêchent de vous en libérer.
Comprendre pourquoi vous gardez certains objets permet également de mieux comprendre pourquoi les autres gardent les leurs. Et surtout… de ne pas les braquer.
Conclusion
Lorsque l’on découvre le désencombrement et que l’on commence à se sentir mieux chez soi, on a parfois envie de convaincre tout le monde.
Mais le minimalisme n’est pas une religion. Vous n’avez pas besoin de partir en mission pour sauver les âmes encombrées. Votre maison n’a pas besoin de devenir un monastère zen pour être agréable.
Il faut parfois accepter. Guider. Expliquer. Négocier. Mais surtout… ne pas braquer.
Le but n’est pas de faire changer tout le monde. Chacun avance à son rythme. Chacun possède ses propres objets. Et chacun doit pouvoir disposer d’un espace personnel.
En revanche, vous avez le droit de vouloir vous sentir bien chez vous ! Et les autres ont exactement le même droit.
Alors peut-être que la bonne question n’est pas : « Qui a ramené cet objet ? »
Mais plutôt : « Est-ce que cet objet a encore une place dans la vie de quelqu’un qui habite ici ? »
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